Ressenti de Stéphane | Toc Story
  • Lorsque les premiers signes d’évitement sont apparus, je ne me suis pas du tout inquiété car c’était l’âge du passage de l’enfance à l’adolescence.
    Certes, les résultats scolaires étaient épouvantables mais de 6 à 12 ans, il trustait les dernières places à l’école et il avait horreur d’étudier.
    Très rapidement, la situation a empiré entre Thomas et moi-même me plongeant dans le plus grand désarroi ; qu’avais-je donc fait, qu’avais-je donc dit pour mériter un tel rejet de la part de mon fils ?
    Les situations devenant de plus en plus conflictuelles entre nous, mes sentiments ont été de la colère à l’indifférence totale. Un sentiment d’humiliation également et d’échec absolu dans notre éducation.
    Ce que je supportais le moins, c’était le manque de respect envers moi et envers sa maman et les crises d’hystérie de Thomas pour des détails vraiment insignifiants. Il était impossible d’avoir une discussion rationnelle et cohérente avec lui.
    En l’interrogeant, il affirmait avoir une phobie des microbes, de l’obésité, de ce qui pourrait arriver à sa maman, de la propreté (il ne se lavait pas…) etc. ; j’étais terriblement déstabilisé et je ne souhaite à personne de vivre cela.
    Très vite, nous avons décidé de consulter un psychiatre spécialiste des enfants ainsi qu’un comportementaliste.
    Leurs approches du problème étaient diamétralement opposées nous plaçant, de facto, dans le plus grand embarras, nous avons dû faire un choix.
    J’avais clairement « perdu définitivement » mon fils.
    L’attitude de mon épouse a été l’unique moteur de la solution au problème de Thomas. En effet, écarté de fait par l’absence de relation avec mon fils, elle a supporté la totalité de la charge émotionnelle et, tant par sa force que par le dialogue permanent entre nous, elle a sauvé notre famille de l’éclatement et a permis de reprendre son rôle de mère auprès de Thomas par la fermeté qu’imposait la situation.
    Le passage de Thomas dans une unité psychiatrique d’un grand hôpital universitaire durant deux mois a permis à chaque membre de la famille de faire un break ainsi qu’une introspection bien nécessaire.
    En rentrant du centre, nos rapports se sont doucement mais sûrement améliorés et aujourd’hui, je peux affirmer, avec joie, que j’ai retrouvé mon fils Thomas.

    Stéphane

    Revenir à la page des ressentis